Contrat de mariage :
définir le régime matrimonial

Discuter de votre situation

Exposez votre cas — en toute confidentialité, dans votre langue, avec une évaluation claire de la prochaine étape.

La réponse en bref

Un contrat de mariage définit le régime matrimonial applicable pendant le mariage et les modalités de partage des biens en cas de divorce ou de décès ; il s'agit donc d'une mesure de prévoyance et non d'une manifestation de méfiance. En Suisse, trois régimes matrimoniaux sont reconnus : la participation aux acquêts, qui constitue le régime légal par défaut, la séparation de biens et la communauté de biens.

Un contrat de mariage permet d’adapter ce cadre de base, de protéger de manière ciblée certains éléments du patrimoine (comme une entreprise) et, pour les couples internationaux, de déterminer le droit applicable. La prévoyance professionnelle n’est toutefois guère concernée par ces dispositions, car le partage de la prévoyance obéit à des règles spécifiques propres qui sont impératives. Nous rédigeons des contrats de mariage aussi bien avant le mariage que pendant le mariage et accompagnons nos clientes et clients en mettant à profit notre expérience particulière en matière de patrimoine d’entreprise et à l'international.

Outre la réglementation du régime matrimonial, de nombreux couples souhaitent régler de manière prévoyante certains aspects de la pension alimentaire après le divorce. Les accords relatifs à la pension alimentaire étant complexes sur le plan juridique et imposant des exigences élevées en matière de rédaction, nous analysons votre situation de manière individuelle et élaborons des solutions viables, adaptées à votre situation particulière.

1 · Pourquoi un contrat de mariage ne régit pas uniquement les cas de divorce

Un contrat de mariage produit ses effets non pas seulement en cas de divorce, mais dès sa signature. Il détermine le régime matrimonial applicable pendant toute la durée du mariage, la manière dont les biens sont gérés pendant le mariage et, en cas de dissolution du régime matrimonial (que ce soit par divorce ou par décès), la manière dont le patrimoine est partagé. Quiconque accepte sans modification le régime matrimonial légal de la participation aux acquêts fait ainsi également un choix, même s’il est inconscient.

Un contrat de mariage n’est donc pas une preuve de méfiance, mais un instrument de clarté. Il peut s’avérer particulièrement utile lorsqu’un conjoint apporte une entreprise dans le mariage ou en crée une pendant le mariage, lorsqu’il existe des différences patrimoniales importantes entre les époux, lorsqu’un mariage à caractère international est contracté, ou lorsqu’on souhaite simplement clarifier le régime matrimonial futur. Nous conseillons nos clients de manière équilibrée et prenons en compte les deux points de vue, même si nous ne représentons qu’une seule des parties.

2 · Comparaison des trois régimes matrimoniaux en Suisse

Le droit suisse prévoit trois régimes matrimoniaux qui diffèrent fondamentalement dans leur traitement des biens acquis pendant le mariage.

Régime matrimonial

Principe fondamental

Cas typiques

Participation aux acquêts 
(règle légale par défaut)

Les biens propres restent séparés ; les acquêts accumulés pendant le mariage sont partagés à parts égales lors de la dissolution du mariage

Équilibré pour la plupart des couples n’ayant pas besoin de dispositions particulières

Séparation des biens

Chaque conjoint conserve son patrimoine de manière 
distincte ; aucun partage n'a lieu en cas de dissolution du mariage

Pour les entrepreneurs, en cas de différences de patrimoine importantes ou de mariages successifs

Communauté de biens

L'ensemble du patrimoine ou la partie convenue devient 
propriété commune ; le partage s'effectue selon les parts contractuelles

Rarement choisi, mais pertinent dans certaines situations de constitution commune de patrimoine

Important : même dans le cadre de la participation aux acquêts, certains biens peuvent faire l’objet d’une attribution différente par contrat de mariage, un changement complet du régime matrimonial n’est donc pas toujours nécessaire pour régler une situation concrète.

3 · Ce qu'un contrat de mariage peut régler et ce qu'il ne peut pas régler

Un contrat de mariage permet notamment de choisir ou de modifier le régime matrimonial, d'affecter certains biens au patrimoine propre, de définir une méthode d'évaluation en cas de divorce et, pour les couples internationaux, de déterminer le droit applicable. Il peut également régler le sort d’une entreprise créée ou acquise pendant le mariage, ce qui permet de réduire d’emblée les litiges ultérieurs en matière d’évaluation.

En revanche, en l'état de la jurisprudence actuelle, le partage de la prévoyance professionnelle (2 pilier - LPP) ne peut pas être réglé de manière exhaustive. Le partage du 2e pilier constitué pendant le mariage obéit à des règles spécifiques, largement impératives, et ne fait délibérément pas partie des dispositions matrimoniales prévues par le contrat de mariage. De même, les questions relatives aux enfants et à leur contribution d'entretien ne peuvent pas être réglées de manière définitive à l’avance par contrat, car elles doivent toujours être évaluées à l’aune de l’intérêt supérieur de l’enfant au moment du divorce. Nous attirons l’attention de nos clientes et clients sur ces limites dès le début, afin d’éviter toute attente erronée quant à la portée d’un contrat de mariage.

4 · Contrat de mariage conclu avant le mariage ou pendant le mariage

Un contrat de mariage peut être établi ou modifié aussi bien avant le mariage que pendant celui-ci. Les contrats de mariage conclus avant le mariage portent souvent sur des choix fondamentaux, tels que la protection d'une entreprise déjà existante ou la prise en compte de différences patrimoniales importantes. Pendant le mariage, un contrat de mariage prend souvent toute son importance lorsque la situation a évolué, par exemple à la suite de la création d’une entreprise, d’un héritage, d’un changement de domicile à l’étranger ou dans le cadre d’une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale.

En Suisse, un contrat de mariage conclu pendant le mariage n’est soumis à aucune exigence de forme plus stricte, ni d’ailleurs moins stricte, qu’un contrat prénuptial. Dans les deux cas, nous vérifions si les termes du contrat reflètent de manière appropriée les intérêts réels des deux époux, afin d’éviter d’emblée toute tentative ultérieure de contestation pour cause de déséquilibre manifeste.

5 · Contrat de mariage et participations dans des entreprises

Pour les chefs d'entreprise, le contrat de mariage constitue souvent l'outil le plus important pour protéger leur société et prévenir les litiges en matière de régime matrimonial. Un contrat soigneusement rédigé peut stipuler que les participations dans l’entreprise restent définitivement des biens propres, définir le traitement de la plus-value ainsi que des dividendes acquis pendant le mariage ou préciser la méthode d’évaluation à appliquer en cas de divorce.

Dans le cas de cofondateurs ou de participations détenues par plusieurs membres d’une même famille, nous recommandons en outre d’harmoniser le contrat de mariage avec les pactes d’actionnaires et les statuts existants. Pour les structures patrimoniales plus complexes impliquant des sociétés holding ou des trusts, nous vous renvoyons à notre expertise spécialisée en matière de Family Office et de planification patrimoniale.

6 · Contrat de mariage pour les couples internationaux : choix du droit applicable et reconnaissance à l'étranger

Pour les couples présentant une dimension internationale (nationalités différentes, patrimoine réparti dans plusieurs pays, changement éventuel de domicile à l'avenir ou déménagement à l'étranger), il est généralement recommandé d'inclure une clause expresse d'élection de droit dans le contrat de mariage. En l’absence d’une telle clause, le régime matrimonial applicable est régi par les règles générales de rattachement, qui peuvent changer en cas de changement de domicile. Une élection de droit, en revanche, apporte d’emblée une clarté, quel que soit le lieu où le couple vivra ultérieurement.

Il est par ailleurs important de noter qu’un contrat de mariage conclu en Suisse n’est pas automatiquement reconnu de la même manière à l’étranger, et inversement. C’est pourquoi, dans le cadre de mandats internationaux, nous vérifions si un contrat de mariage reste valable tant en droit suisse qu’en droit étranger concerné, et nous travaillons à cette fin en étroite collaboration avec notre réseau de partenaires couvrant plus de 80 pays.

7 · Forme, validité et sources d'erreurs lors de la conclusion d'un contrat de mariage

Pour être valable, un contrat de mariage doit être authentifié par un notaire et signé par les deux époux. Si cette forme n’est pas respectée, le contrat est nul : un accord informel ou rédigé sous seul écrit privé ne produit aucun effet en matière de régime matrimonial, même si les deux époux l’ont effectivement souhaité.

Sur le fond également, un contrat de mariage doit être rédigé avec soin pour être valable. Les clauses qui désavantagent manifestement de manière disproportionnée l’un des époux, ou les éléments du contrat qui tentent de contourner le droit impératif (comme le partage de la prévoyance), risquent de ne produire aucun effet en cas de litige. C’est pourquoi nous examinons minutieusement chaque contrat de mariage afin de vérifier sa cohérence interne et son applicabilité avant qu’il ne soit soumis à l’authentification.

8 · En cas de changement de situation : adaptation d'un contrat de mariage existant

Un contrat de mariage existant n'est pas un document immuable. Si la situation de vie évolue de manière significative (par exemple à la suite de la création d'une entreprise, d'un héritage, de la naissance d'enfants ou encore lorsque les époux déménagent), il est recommandé de vérifier si le contrat existant reflète toujours correctement le nouvel état de fait. Toute modification doit être effectuée selon les mêmes modalités formelles que le contrat initial, c'est-à-dire par acte authentique.

S’il existe déjà un contrat de mariage qu’un conjoint souhaite contester dans le cadre d’un divorce à venir, nous en examinons minutieusement la validité et la portée, en particulier pour vérifier s’il a été conclu dans le respect des formalités requises, s’il tient compte de la situation patrimoniale actuelle qui n’existait peut-être pas encore au moment de la signature, et si une contestation pour déséquilibre manifeste peut être envisagée.

9 · Aspects fiscaux du choix du régime matrimonial

Dans le cas de couples internationaux, le traitement fiscal d'un contrat de mariage peut varier en fonction du pays de résidence et du pays d'origine, notamment en ce qui concerne les actifs ou les participations dans des entreprises situées à l'étranger.

10 · Cas de figure typiques

  • Cas n° 1 – Couple présentant une différence de patrimoine importante.
    Un couple dont les patrimoines diffèrent considérablement souhaite clarifier sa situation avant le mariage, sans qu’aucun des conjoints ne se sente lésé. Dans ce cas, nous élaborons une solution équilibrée qui apporte une sécurité aux deux parties, par exemple en prévoyant une adaptation modérée du régime de la participation aux acquêts plutôt qu’une séparation totale des biens.
  • Cas n° 2 – Adaptation a posteriori après la création d’une entreprise.
    Un couple s’est marié il y a plusieurs années sans conclure de contrat de mariage ; aujourd’hui, l’un des conjoints crée une entreprise. Nous examinons si et comment un contrat de mariage a posteriori peut régler de manière appropriée la plus-value future de l’entreprise.
  • Cas n° 3 – Couple international ayant changé de lieu de résidence.
    Un couple de nationalités différentes se marie dans un pays tiers et s’installe par la suite en Suisse. Nous examinons ici si le contrat de mariage initial reste valable en Suisse et, si nécessaire, nous y ajoutons une clause expresse d'élection de droit.

11 · Erreurs courantes

  • Vice de forme : un contrat de mariage non authentifié est nul, même si les deux époux l'ont effectivement souhaité.
  • Confusion entre le régime matrimonial et le partage de la prévoyance : le partage de la prévoyance ne peut être réglé de manière exhaustive par un contrat de mariage et est souvent considéré à tort comme déjà réglé.
  • Manque de cohérence avec le droit des sociétés : en cas de participations dans des entreprises, le contrat de mariage n’est souvent pas harmonisé avec les conventions d’actionnaires et les statuts, ce qui peut entraîner des contradictions.
  • Négligence de la dimension internationale : un contrat de mariage dépourvu d'une clause d'élection de droit peut avoir des conséquences inattendues en cas de changement ultérieur de domicile.
  • Attentes irréalistes quant à la portée du contrat : les questions relatives aux enfants et à leur contribution d'entretien ne peuvent pas être réglées de manière exhaustive à l’avance.

12 · Quand faut-il faire appel à un avocat ?

Il est particulièrement recommandé de solliciter un conseil juridique lorsqu'une entreprise ou un patrimoine important est apporté dans le mariage, lorsqu'il existe une dimension internationale, lorsqu'un contrat de mariage existant doit être réexaminé ou adapté, ou encore lorsqu'il existe une incertitude quant à la portée d'un contrat de mariage.

Pourquoi notre approche en matière de contrats de mariage ?

Titulaire du brevet d'avocat à Genève et à New York ainsi que d’un doctorat en droit obtenu en Allemagne, Alkatout Legal allie son expertise en droit de la famille à une compréhension approfondie des structures patrimoniales d’entreprise et internationales. Nous ne sommes pas un cabinet anonyme où les chargés de dossier changent sans cesse : nos clients s'adressent aux mêmes interlocuteurs tout au long de la procédure. Distingué par Chambers dans le domaine du droit de la famille et membre de l'International Academy of Family Lawyers (IAFL), nous travaillons en étroite collaboration avec des notaires et des conseillers fiscaux de notre réseau.

Si votre situation diffère : ce guide couvre les situations typiques relatives à la rédaction d’un contrat de mariage. Toute situation patrimoniale présente toutefois des particularités individuelles, par exemple en cas de structures d’entreprise particulièrement complexes, de présence de trusts, ou lorsque plusieurs ordres juridiques sont concernés. Décrivez-nous votre situation, en toute confidentialité, et nous vous indiquerons les prochaines étapes qui vous conviennent.

Foire aux questions (FAQ)

Un contrat de mariage est-il un signe de méfiance ?

Non. Un contrat de mariage permet de clarifier le régime matrimonial pendant le mariage et en cas de crise, que l'on envisage ou non un divorce.

En l'absence de contrat de mariage, le régime de la participation aux acquêts s'applique automatiquement en tant que règle légale, tant que vous habitez en Suisse.

Oui. Un contrat de mariage peut être conclu ou modifié aussi bien avant le mariage que pendant le mariage, dans les deux cas par acte authentique. D'autres règles s'appliquent à l'étranger.

En principe non. Le partage de la prévoyance obéit à des règles qui lui sont propres, largement impératives, et ne fait délibérément pas partie des dispositions matrimoniales prévues par le contrat de mariage.

Pas systématiquement. Dans le cas de couples internationaux, nous vérifions si le contrat reste valable en vertu du droit étranger applicable et recommandons, si nécessaire, d'inclure une clause expresse d'élection de droit.

Un tel contrat est nul et sans effet sur le régime matrimonial si vous êtes domicilié(e) en Suisse. Un contrat de mariage doit impérativement être authentifié par un acte notarié.

Dans quelle situation vous trouvez-vous ?

01Divorce et séparation

Lorsque le mariage prend fin : divorce, contribution d'entretien, questions relatives aux enfants, y compris au-delà des frontières nationales

02Prévoyance et protection du patrimoine

Contrat de mariage, protection des entreprises et trusts, protection en cas de séparation

03Le droit pénal en matière familiale

Violence domestique, enlèvement d'enfant, non-paiement d'une contribution d'entretien

04Protection des adultes

Mandat pour cause d'inaptitude, directives anticipées, tutelle pour les proches

05Le droit moderne de la famille

LGBTQIA+, concubinage, médecine reproductive, familles recomposées

06Procédures à l'étranger

Reconnaissance et exécution des décisions étrangères en Suisse

Votre prise de contact

Vous recevrez une réponse dans les plus brefs délais.